2.10.2005

 L’état de santé du pape, au jour le jour

Mardi 1er février dans la soirée. Jean-Paul II, âgé de 84 ans, a été transféré d’urgence en ambulance à la polyclinique Gemelli de Rome, à la suite de complications dues à son état grippal. Malgré une laryngotrachéite aiguë et des crises de laryngospasme, il n’a pas pour autant été placé au service de réanimation, a déclaré le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls, soucieux de calmer les inquiétudes suscitées par la gravité de l’état de santé du pape.

Mercredi 2 février. Le Vatican se veut rassurant: "Nous devons être tranquilles. Il n’y a aucune raison de s’alarmer aujourd’hui", a assuré Joaquin Navarro-Valls, qui a fait savoir que le pape avait été soumis à des thérapies d’assistance respiratoire : "La nuit passée, les thérapies d’assistance respiratoire se sont poursuivies et ont permis la stabilisation de l’état clinique".  "Les paramètres cardio-respiratoires et métaboliques, en l’état, sont dans les limites normales", a-t-il affirmé avant de préciser que le pape n’avait subi "ni scanner, ni trachéotomie."  Le directeur de la salle de presse vaticane a ensuite ajouté que "le Saint-Père était suivi par l’équipe médicale du professeur Rodolfo Proietti, directeur du service des urgences".

 Jean-Paul II est entouré de ses deux secrétaires polonais, Mgr Stanislas Dziwisz et Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, ainsi que de son médecin personnel, le docteur Renato Buzzonetti, lui aussi âgé de 84 ans.

 Le rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, a fait état de sa préoccupation pour la santé du pape. Le président de la République italienne Carlo Azeglio Ciampi a téléphoné pour avoir des nouvelles du pape, et le maire de la capitale italienne, Walter Veltroni, s’est rendu à l’hôpital Gemelli.

Le cardinal Camillo Ruini, vicaire général du diocèse de Rome, a invité les Romains à prier pour le pape. "Apprenant la nouvelle du transfert du pape à la polyclinique Gemelli, le diocèse de Rome exprime à son évêque particulièrement aimé sa proximité affectueuse, accompagnée d’une prière intense et commune", a-t-il déclaré, afin que le pape "surmonte rapidement son indisposition actuelle, et puisse reprendre le plus rapidement son plein ministère de pasteur de Rome et du monde". "De toutes les paroisses, les communautés religieuses et les monastères, et de toutes les autres institutions ecclésiastiques s’élèveront à partir d’aujourd’hui des prières spéciales pour le pape, a-t-il poursuivi, auxquelles toutes les personnes et familles de Rome sont invitées à s’unir, dans les églises et dans leur propres foyers".

 Egalement l’Eglise catholique aux Philippines a appelé ses fidèles - qui composent la majorité des 84 millions d’habitants du pays - à prier pour le prompt rétablissement du pape. Un appel semblable a été lancé par la Conférence des évêques colombiens, qui tiennent ces jours-ci leur assemblée.

 Jeudi 3 février. En dépit des affirmations rassurantes du porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, l’inquiétude est réelle au Vatican.

 Les réactions affluent du monde entier. A la Maison Blanche le porte-parole présidentiel, Scott McClellan, a déclaré : "Nos pensées et nos prières sont avec le Saint-Père, et nous lui souhaitons un prompt rétablissement". Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw et son homologue italien Gianfranco Fini ont également rendu hommage  à la contribution du pape à la politique mondiale, depuis le début de son pontificat. Quant aux Polonais, confiants dans l’état de santé de leur pape, ils ont commencé, le 2 février, à prier un peu partout dans le pays pour le rétablissement rapide de Jean-Paul II.

 Durant l’hospitalisation du Saint-Père, les affaires de l’Eglise sont gérées par deux hommes: le cardinal Angelo Sodano, 77 ans, secrétaire d’Etat, et l’archevêque Stanislaw Dziwisz, 65 ans, secrétaire personnel de Jean-Paul II, dont le rôle s’est accru avec l’affaiblissement du pape.   

Alors que les médias télévisés, équipés de camions et de paraboles, ont investi l’entrée principale de la polyclinique Gemelli, les services de la Curie poursuivent normalement leur activité quotidienne. "Je dirais qu’il n’y a pas de raison pour une alarme particulière", a déclaré le porte-parole du Saint-Siège sur les ondes de Radio Vatican. Joaquin Navarro-Valls a affirmé que la fièvre de Jean-Paul II avait diminué.

"Je vous porte les salutations du pape qui vous remercie pour votre affection et pour votre fervente prière", a confié Mgr Rodé, préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, aux fidèles assemblés dans la basilique vaticane pour la fête de la Présentation. Jean-Paul II "est présent par la prière et vous envoie sa bénédiction", a-t-il ajouté.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a célébré, le 2 au soir, une messe à  l’intention du pape. Le cardinal Jean-Marie Lustiger célébrait lui aussi une messe pour le Souverain Pontife, le 3, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

A sa sortie de l’hôpital, Joaquin Navarro-Valls a affirmé aux journalistes postés devant la polyclinique Gemelli que Jean-Paul II pourrait rester sept jours à l’hôpital. Il a aussi déclaré que "le pape s’était bien reposé pendant toute la nuit et que les contrôles en laboratoire donnaient un résultat satisfaisant"."Les conditions générales et respiratoires du pape enregistrent une évolution positive", a-t-il précisé ajoutant que la laryngo-trachéite aiguë était "en phase de régression" et que les épisodes de spasmes laryngés, cause du transfert d’urgence du pape à l’hôpital dans la nuit du 1er au 2 février "ne se répétaient plus".

Toute la communication officielle sur l’état de santé de Jean-Paul II est contrôlée par le porte-parole du Saint Siège - au service du pape depuis 20 ans - et par le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano. En dépit de l’évolution rassurante de la santé du pape, aucun bulletin officiel n’émane de la clinique ou des médecins, contrairement aux usages. Cette particularité a valu à Joaquin Navarro-Valls d’être assailli par les journalistes dans le hall d’entrée de l’hôpital. Le porte-parole du pape s’est du reste fait quelque peu huer par les nombreux journalistes présents. Cependant la presse italienne se veut rassurante, tout en critiquant elle aussi le système d’information mis en place par le Vatican. Elle s’interroge toutefois sur la capacité du pape à gérer les affaires de l’Eglise.

Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France, a adressé au cardinal Angelo Sodano les vœux des catholiques de France pour la santé du pape. Dans une courte lettre, il déclare que "l’annonce de l’hospitalisation de Sa Sainteté le pape Jean-Paul II provoque les catholiques de France et tous leurs pasteurs à une prière intense et confiante". Mgr Ricard, qui rappelle la longue prière silencieuse du pape devant la grotte de Lourdes le 15 août 2004, demande au cardinal Sodano de dire au pape "que cette prière continue, pour lui-même et son retour à une meilleure santé, pour celles et ceux qui le soignent aujourd’hui, pour l’Eglise".

Le président de la Conférence épiscopale suisse, Mgr Amédée Grab, en visite ad limina en compagnie des évêques suisses, a salué l’exemple donné par le pape : "D’une façon croissante, nous nous apercevons que les nombreux malades et personnes âgées dans le monde sont fortement encouragés par la fidélité et par le courage du pape". Les membres de la Conférence épiscopale suisse n’ont pas pu rencontrer le pape hospitalisé.

Vendredi 4 février. "L’état de santé du pape s’est amélioré", a déclaré le porte-parole du Saint Siège en milieu de journée. "Jean-Paul II s’alimente régulièrement. Les examens et les analyses médicales confirment la stabilisation du cadre clinique". Evoquant le programme du pape pour les jours à venir, Joaquin Navarro-Valls a déclaré : "Pour la prière de l’Angélus ce dimanche 6 février, il est clair que c’est un rendez-vous auquel Jean-Paul II tient beaucoup et qu’il ne veut pas manquer".

Le président du Parlement européen, Josep Borrel, a exprimé au pape Jean-Paul II les voeux des parlementaires par l’intermédiaire du cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano. Josep Borell aurait dû être reçu par le pape au Vatican, ce vendredi 5. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice devra elle aussi renoncer à sa rencontre avec Jean-Paul II,  prévue le mardi 8. Elle sera reçue par le cardinal Sodano.

Hier, des responsables religieux juifs et musulmans ont invité leurs communautés à prier pour le prompt rétablissement du pape. Aujourd’hui, le Comité conjoint de la Conférence des Eglises d’Europe (œcuménique) a fait parvenir un message à l’évêque de Rome.

 La maladie du pape ne l’empêche pas d’exercer son pouvoir, estime le cardinal Francesco Pompedda, préfet émérite du Tribunal de la signature apostolique. La condition est qu’il conserve sa lucidité, a déclaré l’ancien « ministre de la justice » du Vatican au quotidien italien Il Giornale, ce 4 février.

"Tant que le Souverain Pontife conserve son intelligence et sa conscience, même une longue maladie physique n’empêche pas l’exercice du pouvoir papal. Même si le pape ne devait plus parler, il pourrait quand même continuer à remplir sa charge", a-t-il souligné, précisant que Jean-Paul II n’était actuellement pas dans cet état. "Peut-être sans célébrer directement les sacrements, qui prévoient la prononciation de formules déterminées", a-t-il reconnu.

 Pour le cardinal italien, le pape pourrait continuer à être le pape - donc exercer sa juridiction universelle sur l’Eglise - en exprimant sa volonté par écrit ou par des gestes. "La perte de conscience, si elle n’est pas définitive et acceptée comme telle, n’implique pas la cessation du pouvoir papal", a-t-il insisté. A son avis, Jean-Paul II peut très bien continuer à gouverner l’Eglise de sa chambre. "D’un lit d’hôpital, celui qui gouverne a aussi la possibilité d’exprimer sa volonté et de donner des ordres et des dispositions".

 Par ailleurs, le cardinal Pompedda a affirmé l’impossibilité pour le pape d’avoir des suppléants, ses pouvoirs suprêmes ne pouvant être transférés. Par exemple, quand le pape s’absente de Rome pour un voyage, il confie quelques pouvoirs d’administration ordinaire au cardinal camerlingue, Eduardo Martinez Somalo. Mais "il y a des pouvoirs qui appartiennent seulement au pape et qui ne peuvent être transférés", comme les nominations d’évêques ou certaines dispenses concernant le lien matrimonial.

 Le cardinal italien a toutefois précisé : "Ceci n’est pas le cas qui nous intéresse", car Jean-Paul II est bien présent et conscient de l’autorité qu’il continue d’exercer. Les collaborateurs directs du pape, qui sont les cardinaux de la Curie romaine, exercent des pouvoirs délégués par le pape, opèrent en son nom et en vertu de son autorité, a-t-il précisé.

Samedi 5 février. Plus de 80 prélats de toutes les confessions chrétiennes ont pu se rendre à la polyclinique Gemelli de Rome afin de prier pour Jean-Paul II. Présents dans la capitale de la Péninsule à l’occasion du 37e anniversaire de la communauté italienne de Sant’Egidio - organisatrice des grandes réunions œcuméniques comme celle d’Assise -, ces prélats catholiques, orthodoxes et protestants, se sont réunis dans la chapelle du troisième étage de l’hôpital.

 "Jean-Paul II va mieux", a déclaré Mgr Vincenzo Paglia, à la tête de la délégation des prélats. En milieu de journée, l’évêque de Terni avait été autorisé à rentrer, seul, dans la chambre du pape pour lui remettre une lettre signée par les prélats – européens, africains et asiatiques – déclarant  prier pour la santé du Souverain Pontife. "Il a été très content de savoir" que nous prions pour lui, a ajouté Mgr Paglia. Le pape  a voulu voir les signatures des quatre-vingt-deux personnalités qui ont signé le message. Ancien aumônier de la communauté de Sant’Egidio, Mgr Vincenzo Paglia a affirmé que le pape parlait, se faisait bien comprendre, et que son timbre de voix s’améliorait.

Dimanche 6 février. Jean-Paul II est apparu durant une dizaine de minutes pour l’Angélus à la fenêtre du dixième étage de la polyclinique Gemelli. Le pape n’a prononcé que quelques paroles d’une voix très faible et rauque, à la fin difficilement audible. Il n’a pas lu son texte, confié à Mgr Leonardo Sandri, substitut de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, mais il a donné sa bénédiction apostolique à l’issue de la prière mariale.

 Au sixième jour de son hospitalisation, le pape, les épaules voûtées, est apparu à la fenêtre, les traits tirés, accompagné de quelques proches collaborateurs. Il a longuement salué la foule, dans un grand silence. Puis, le substitut de la Secrétairerie d’Etat a lu le texte du pape. Au terme de la prière, Jean-Paul II a donné sa bénédiction apostolique "au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit", avec une grande difficulté d’élocution.               

Dans son message, lu par l’archevêque Leonardo Sandri, le pape a remercié ceux qui prennent soin de lui à l’hôpital et tous ceux qui dans le monde entier sont proches de lui en ce moment. "Même à l’hôpital, au milieu des autres malades auxquels vont mes pensées affectueuses, je continue à servir l’Eglise et l’humanité tout entière", a affirmé Jean-Paul II avant d’évoquer la "Journée pour la vie" célébrée ce dimanche en Italie, soutenant les évêques de la Péninsule dans "leur défense de la vie à naître." "Il faut avoir confiance en la vie", a ajouté le pape dans son message, "la confiance dans la vie réclamée en silence par les enfants qui ne sont pas encore nés", la confiance que demandent tant d’enfants, restés sans famille pour diverses raisons, afin qu’ils puissent trouver une maison qui les accueille par l’adoption et le placement temporaire.

Place Saint-Pierre, la foule des pèlerins s’était massée pour suivre l’Angélus sur des écrans géants. Une délégation du "Mouvement italien pour la vie" brandissait une banderole et de grands ballons où figurait en grosses lettres l’inscription "Oui à la vie".

Le porte-parole du Saint-Siège a catégoriquement nié le doublage de la voix de Jean-Paul II lors de l’Angélus. "Naturellement, les paroles du Saint-Père lors de la bénédiction de ce matin, il les a prononcées au moment même où nous les avons entendues dans une transmission en direct" a déclaré le directeur de la salle de presse du Saint-Siège dans la soirée du 6. "L’affirmation selon laquelle les paroles transmises à ce moment-là auraient été enregistrées préalablement n’a pas de sens" a-t-il ajouté. Cette mise au point n’a cependant pas mis un terme à la polémique.

Certains médias avaient affirmé qu’un enregistrement de la voix du pape aurait été diffusé lors de la bénédiction, en raison de son incapacité à parler. En effet, après une brève coupure du son faisant penser à un problème technique, le ton de Jean-Paul II a changé. Une réécoute de l’enregistrement de la bénédiction met en évidence cette différence, selon les observateurs.

Interrogé par l’Apic en milieu d’après-midi, le Père Federico Lombardi, directeur des programmes de Radio Vatican, a refusé de porter plus loin la polémique, ajoutant : "Je ne nie rien, je ne confirme rien".



Il faut dire qu’après la lecture de l’allocution par Mgr Leonardo Sandri, le valet de chambre du pape, Angelo Gugel, a présenté le micro à Jean-Paul II. Ce dernier n’a pas attendu pour donner sa bénédiction et a commencé, en latin : "Sit nomen Domini benedictum". Ses proches collaborateurs, derrière lui, ont alors répondu: "Ex hoc nunc et usque in sæculum". Puis le pape a commencé avec difficulté: "Adjutorium nostrum…" mais le son a été subitement interrompu avant de reprendre en italien, après le bruit sourd d’une coupure, sur un ton de voix clairement différent: "Nel nome del Padre… del Figlio e dello Spirito Santo. Grazie". Depuis un moment, les lèvres du pape n’étaient plus visibles, cachées par le papier que tenait devant lui son jeune secrétaire polonais, Mgr Mieczyslaw Mokrzycki.

"Vous avez vu les images du pape" a encore déclaré le directeur des programmes de Radio Vatican, "c’est ce que tout le monde attendait." Les images du pape, assis derrière la fenêtre ouverte de sa chambre d’hôpital, devaient en principe mettre fin aux nombreuses spéculations des médias sur son état de santé.

Lundi 7 février. "Les conditions générales du pape continuent à s’améliorer " a affirmé le porte-parole du Saint-Siège, en fin de matinée, après avoir vu les médecins du Souverain Pontife à la polyclinique Gemelli. Il aussi précisé que Jean-Paul II "n’avait plus de fièvre", qu’il "s’alimentait régulièrement" et qu’il avait même "passé quelques heures dans son fauteuil". Le directeur de la salle de presse vaticane a également affirmé que "le pape concélébrait la messe tous les jours dans sa chambre", son entourage, y compris le corps médical, y participant. Le pape jette même un coup d’œil aux quotidiens pour "suivre", comme il le dit lui-même, "l’évolution de sa maladie", a ajouté Joaquin Navarro-Valls. Cependant, "pour des motifs de prudence évidents, les médecins ont conseillé au pape de prolonger sa présence à la Polyclinique Gemelli pour encore quelques jours".

Une éventuelle démission de Jean-Paul II pour des raisons de santé doit être laissée "à la conscience du pape", a estimé le secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, au cours d’une conférence de presse donnée en fin d’après-midi à Rome."Durant ses 26 ans de pontificat Jean-Paul II a laissé un magistère lumineux. Nous faisons le voeu que ce magistère continue pour de nombreuses années. Le pape Pie IX comme vous le savez bien a gouverné l’Eglise pendant 32 ans, et nous espérons que le pape actuel, Jean-Paul II, dépasse cette limite. Léon XIII a vécu jusqu’à l’âge de 93 ans. Ainsi nous prions aussi en ce moment pour que le Seigneur accorde une longue vie au Saint-Père, qu’il lui accorde la sérénité". Et de remarquer : "l’affection de ses enfants et de l’Eglise entière sera pour lui le meilleur remède".

Pour le cardinal Sodano, "le Seigneur est grand et sait comment guider". "Laissons à la conscience du pape qui est guidé par l’Esprit Saint". "S’il y a un homme dans l’Eglise guidé par l’Esprit Saint, s’il y a un homme qui aime l’Eglise c’est le pape", a poursuivi le prélat. Répondant plus particulièrement à l’Apic, le cardinal a relevé que "le pape peut s’exprimer sans parler", il peut "gouverner la vie de l’Eglise de différentes manières".

L’éventualité de la renonciation d’un pape avait été évoquée par Jean-Paul II lui-même dans la Constitution apostolique Universi dominici gregis, publiée en février 1996. Le pape y fait référence au paragraphe 2 du canon 332 du Code de 1983. On peut y lire que "s’il arrive que le pontife romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit".

Avec l’hypothèse d’une renonciation du pape se pose la question de son successeur. Le magazine américain Time a lancé à la mi-janvier la rumeur - reprise par Henri Tincq dans Le Monde des 3 et 6 février - selon laquelle le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, pourrait devenir un « pape de transition », garant de la continuité après Jean-Paul II. Selon Tincq, le cardinal Ratzinger sera le « grand électeur » incontesté du prochain conclave, et s’il ne devenait pas pape, « il encouragerait l’élection d’un cardinal de gestion modéré, capable de décrisper l’Eglise, tout en évitant d’audacieuses réformes ». Deux cardinaux italiens répondent à ces critères : l’archevêque de Milan, Dionigi Tettamanzi  (70 ans), et le patriarche de Venise, Angelo Scola (64 ans). 

Mercredi 9 février. Jean-Paul II a participé à la messe des cendres dans sa chambre d’hôpital, dans la matinée, a déclaré Joaquin Navarro-Valls, tout en confirmant que le pape allait mieux. Le directeur de la salle de presse du Vatican a précisé que "les cendres bénies par le pape lui avaient été imposées par le premier des concélébrants", avec la phrase « Convertis-toi et crois en l’Evangile » du nouveau rite qui remplace la formule traditionnelle : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière »

Jeudi 10 février. Joaquim Navarro-Valls a fait savoir que Jean-Paul II, guéri de sa laryngotrachéite aiguë, rentrerait dans la journée au Vatican , sans pouvoir préciser la durée de la convalescence  du pape.
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